mercredi 19 novembre 2008
Nous sommes tous des terroristes
La France a peur, oui. 9 jeunes gens subissent des lois d'exceptions, sont accusés de terrorisme. Parce qu'ils lisent. Parce qu'ils écrivent. Parce qu'ils communisent leurs revenus et leurs biens. Parce qu'ils cultivent un potager bio. Parce qu'ils préfèrent faire eux mêmes ce dont ils ont besoin. Parce qu'ils refusent l'individualisme sclérosant et déprimant en vivant en communauté. Parce qu'ils manifestent. Le GIGN saute sur un bateau parce que des grévistes utilisent leur outil de travail, des faucheurs d'OGM sont emprisonnés, des manifestants aussi pour avoir transportés des fumigènes et des clous tordus crevant des pneus. La France peut avoir peur, celle des révoltés et insoumis, celle aussi des blogueurs et forumeurs, des bibliophiles et des tricoteurs, des colocataires et pire, celle des bricoleurs et jardiniers. Nous sommes tous des terroristes.
Des gamins tous les jours arrêtent les trains en tirant sur les sonnettes d'alarme. Saboteurs! Terroristes? Nous ne savons pas, nous anarcho-syndicalistes, ce qu'est une « mouvance anarcho-autonome », terme facile et flou inventé par les policiers. Nous savons ce qu'est l'anarchisme ouvrier, nous savons ce qu'est l'autonomie prolétarienne. Nous nous souvenons qu'un secrétaire général de la CGT, un fondateur, a théorisé le sabotage comme outil de lutte lorsque la grève et la manifestation ne sont plus possibles. Il fait partit de l'héritage du mouvement ouvrier, comme nos mutuelles et nos syndicats. Ce n'est pas du terrorisme. C'est de la résistance. Nous sommes loin de la lutte armée. Quel que soit l'auteur de ces sabotages, quel que soit ses motifs, une loi d'exception est absurde. Nous voyons a quel point notre société policière peut facilement, avec ses fichages, ses dérogations, sa puissance reprendre notre maigre liberté et notre faible égalité et détruire nos espaces de lutte. Comment il peut nous entôler si nous sortons de la norme et cherchons d'autres possibles.
Contre la repression du mouvement social
Rassemblement devant le Palais de Justice Samedi 22 Novembre 14H
DELIT DE LIRE
Nous sortions à peine des funérailles d'une date, 1968. Funérailles aux allures de veillée funèbre anglo-saxonne, blagues de potaches autour du cadavre pourri, pour ceux qui y avaient participé ou, funérailles en forme d'ultime balle dans la nuque pour se débarrasser définitivement de son souvenir pour les autres. On peut alors s'étonner de l'étrange duo auquel s'adonnent ceux, aujourd'hui au gouvernement, qui voulaient en finir avec 68 et ceux travaillant pour certains médias nés de cette date. Duo chanté, messe de résurrection du « groupuscule d'extrême gauche ».
Fabrication de coupables ? Non, d'ennemi. Ennemi politique nécessaire pour ceux qui pensent que la politique consiste à le désigner. Ennemi pratique. Important, mais juste une centaine. Anarchistes, mais de bonne famille. En réseaux internationaux, mais non organisés.
Que dire ? Des faits, rien. On se demande même s'il en fut. Un seul pourtant, l'arrestation de dix personnes dont nous partageons les idées, la colère, un certain goût pour le des-ordre et (c'est peut-être le plus risqué aujourd'hui) les lectures.
Ceux qui croyaient que le traitement médiatique de cette affaire allait leur en apprendre un peu plus sur cet espace particulier de l'alternative culturelle et politique, en sont pour leurs frais. C'est en revanche sur les (dys)fonctionnements et comportements politiques, médiatiques et policiers qu'ils en apprendront ; sur la dramaturgie mille fois répétée. Ici, le média n'est plus le conteur, l'historien, le metteur en scène. Il est, semble-t-il, la voix off d'une pièce écrite ailleurs à laquelle, de bon gré, il collabore. Le policier, lui, est à la fois acteur et souffleur. Viennent ensuite les personnages tiers, le spécialiste de la résolution des problèmes, l'analyste, hier spécialiste de l'extrême droite, aujourd'hui de L'UTRAGAUCHE. Rien de réel en somme, sourires télévisés de ministres et de dirigeants de la SNCF quand on engeôle, puis, des mots de journalistes, tous confondus, en forme de scoop péjoratif, groupuscule, etc.. Puis silence confus, sans revenir sur leur mot, un peu de doutes pourtant. Grâce aux médias on apprendra aussi que ne pas avoir de téléphone portable ou de connection Internet signifie entrer en clandestinité. Bref, que se soustraire à des possibilités de contrôles illégaux c'est ENTRER EN CLANDESTINITE. Voilà les conséquences directes du passage de main des RG à la DST. Et les syndicats qui s'enorgueillissent aujourd'hui de ne pas être responsables des « sabotages » le comprendront bientôt à leurs dépens.
Nous ne sommes pas ici pour disculper les interpellés du 11 novembre, ils s'en chargeront, leurs avocats aussi, mais pour instruire à charge. Non pas un corps : journaliste, flic, politique,mais instruire à charge ce qui les dépasse et les nourrit, « il sistema » disent les Napolitains en parlant de la mafia. « Il sistema » donc; une fable à laquelle adhérer pour qu'elle vous nourrisse. Une histoire qui veut diriger nos vies.
Le hululement médiatique avait précédé de quelques jours la pleine lune. Le disque parfait finalement arrivé, le cri semble s'apaiser. Cependant, la meute en mal d'infos vendables était passée par les différents stades du dégonflement. À défaut de preuve, ne lui restait plus qu'à instruire à charge les malsaines lectures et écritures des interpellés. Ainsi, la lecture de certains livres semble être devenue un délit.
Et c'est comme un mauvais rêve de mauvais cinémas.
Les personnages se réveillent. Ouvrent le journal, dans lequel ils voient peu à peu s'esquisser un portrait robot.
Ce portrait, c'est eux, c'est nous.
Nouvel ennemi.
Sa simple désignation, création ou interprétation sous le crayon policier suffit alors à légitimer la sphère politique traditionnelle dans son ensemble, son exercice de surveillance, de conditionnement, sa petite et mesquine guerre sociale organisée.
C'est un mauvais rêve.
Et voilà que nous nous réveillons avec un joli nom tout neuf (quoique) ULTRAGAUCHEANARCHOAUTONOME. Pour notre part, nous n'aimions déjà pas ARTIVISTES.
Mais attention, pour participer à la fiction il y a des critères, des épreuves éliminatoires. La télé réalité politique fait son casting.
De 25 ans à 35 ans.
Possédant un, deux, ou pire, tous les livres de Guy Debord, Blanqui, Gramsci, Gatti peut-être...
Ayant participé à un ou plusieurs G8 sans pour autant faire partie de la L.C.R. ou d'A.T.T.A.C.
Étant ou tentant de devenir anarchiste.
Croyant que la politique s'élabore et se pense mieux dans l'action que dans les réunions.
N'appartenant à aucune organisation politique ou syndicale.
Ne se regroupant pour travailler, réfléchir, agir ou même parfois manger que par affinités.
Tentant de mettre en accord sa vie et ses idées. Pire, de faire en sorte que chacune se nourrisse de l'autre.
Refusant la sectorisation sociologique et psychologique pour eux/nous-même, pour les autres.
Et le voilà, le bel et nouvel ennemi.
Eux/Nous.
Et si ça ne suffit pas, pour vous en convaincre, quelques images de manifestants à capuche lançant des cailloux. (1)
Et si ça ne suffit toujours pas, alors on rejoue.
On fait de la reconstitution pour le photographe, le cameraman,
11 novembre
Pendant que là, un poilu, dodu et bien lavé, est en train de se faire panser le bobo par une infirmière avec, en voix off, l'absolution présidentielle des mutins fusillés en 14/18.
Ici, c'est l'arrestation d'Action Directe que l'on rejoue.
Il y a du flic à cagoule, de la voiture banalisée aussi.
Il y a même le gentil voisin qui doit dire qu'il ne s'en doutait pas (mais là, le personnage de théâtre fera de la résistance et ne jouera finalement pas le rôle imposé)
Ça ne suffit pas encore ?
Il faut l'image de la ferme ! Celle de Rouillan ou celle de la Creuse d'ailleurs ?
Plan large, au lointain.
On ne peut pas s'approcher, la maison mord sans doute.
On apprendra jusqu'à son prix d'achat 200 000 €, en même temps que l'extraction sociale d'un des membres, pardon, du chef : « bonne famille et pourtant anarchiste ». la trahison de classe ça ne se pardonne pas !
Ah d'ici qu'elle est belle, imprenable, la planque des dangereux !
Et des planques, il en faut, des maquis, des replis où penser, où agir.
Pour nous ce fut l'art contemporain où, c'est bien connu, on vous laisse faire le sauvage. Seul espace, où, nous le confessons, à couvert, nous avons pu traiter et agir sur la ville AVEC ceux qui en étaient exclus. Mettre en place une parole, une pratique qui nous auraient valu une excommunication de la Maison de l'Architecture ou du Ministère de la Ville. Ici, à Tarnac c'est une maison, une épicerie et, sans y être jamais allés, nous supposons une bonne bibliothèque.
Devons-nous parler ici des génies du lieu, de la verticalité historique de certains points géographiques qui semblent pourtant dans une étrange poétique territoriale en dire assez long sur notre réel :
Reims, Vichy, Tarnac.
Pour ces deux dernières villes, une époque d'horreur. Pour l'une l'horreur d'un gouvernement fasciste, pour l'autre l'horreur de la prison ou du camp qu'attendent le maquisard réfugié ici, le général Guingouin ou Gatti (rangés tous deux au rang d'anecdotes viriles par un journaliste de Libération). Et là, aujourd'hui, encore « guerre du rail ? », sabotage, terrorisme ? Bien que notre culture judiciaire soit quelque peu défaillante, nous le confessons, nous ne pouvons nous empêcher de nous étonner de la juxtaposition et, dans la bouche du pouvoir, de la synonymie de ces deux mots : sabotage / terrorisme. Quand, dans l'histoire de ce pays, ces deux mots furent-ils pour la dernière fois juxtaposés ? Quand, pour la dernière fois, ont ils conduit derrière les barreaux ?
Sabotage / Terrorisme. Sabotage = Terrorisme
Mauvais souvenirs, ceux d'une époque qu'évoque immanquablement pour nous le nom de ces deux villes Tarnac/Vichy...
Les temps brunissent.
On aurait tort de ne voir dans cette affaire qu'un problème de politique intérieure, un problème franco-français. Tort aussi de jouer le même jeu que celui des pouvoirs, la diabolisation. Diabolisation d'un parti, de son leader devenu président. Le problème est tout autre, plus grave, généralisé. Ce problème est un problème politique essentiel, européen pour le moins, occidental certainement. L'après-guerre a vu le marxisme devenir la colonne vertébrale de la pensée politique. On était pour. On était contre. On voulait réformer ce modèle. mais toujours on tournait autour. Et voilà que la guerre, qui, bien que froide, en était tout de même une, est perdue par le camp marxiste. Depuis, et cela ne date ni des dernières élections présidentielles ni de celles qui ont vu le Front national au deuxième tour, la colonne vertébrale de la politique est devenue, nous le craignons, le fascisme. On est pour. On est contre. On veut le réformer, l'intégrer, le dissoudre dans des programmes en agitant l'épouvantail, la menace ultime.
Non, ni des dernières élections ni de celles d'avant, ni...
Souvenez-vous d'une étrange Europe : Aznar en Espagne, Berlusconi en Italie, Chirac en France, un fasciste en Autriche et l'extrême droite montante en Allemagne, en Belgique...
Problème européen ? C'est certain. Occidental ? Sans doute.
Cette affaire n'est en effet pas sans rappeler une autre, ailleurs, aux États Unis. Mêmes jeux de lois d'exceptions, promulguées pour faire face à la menace terroriste, mêmes aberrations, même manque de preuves, même refus des autorités politiques et judiciaires de faire marche arrière : l'affaire Steve Kurtz. (2)
Steve Kurtz est membre fondateur du groupe « Critical Art Ensemble ». Une nuit, sa femme décède d'une crise cardiaque. Il appelle les services sanitaires concernés et, comme le Patriot Act à l'instar de notre LSQ, prône la fusion des services, ce sont aussi les pompiers et les forces de police que Kurtz voit débarquer dans son logement. Le décès de sa compagne est constaté : crise cardiaque. Cependant, les policiers zélés (ou désoeuvrés) jettent un oeil curieux à la bibliothèque du couple et y découvrent d'étranges ouvrages, philosophie, politique, anarchie, science, certains parlent d'ADN. Une autre pièce ? Ils continuent, visitent : l'atelier. Dans cet atelier le matériel que Steve utilise pour son futur projet. Ustensiles rudimentaires permettant d'extraire l'ADN des produits de consommation courante. Ce sont alors des silhouettes de séries télévisées qui débarquent à son domicile. La rue est bloquée, des hommes en combinaisons blanches encagoulés eux aussi (notez la simplicité du code couleurs : capuches blanches pour les gentils, capuches noires pour les méchants) arrivent chez lui. Son matériel est saisi, ses livres sont saisis, son chat est saisi, le corps de sa femme est saisi. Patriot Act oblige. Il est en possession de matériels interdits, livres, éprouvettes, etc. Aussitôt incarcéré, il est accusé de conspiration terroriste. Ses avocats travaillent, il semble disculpé. mais, miracle des lois d'exception, on remonte à ce qu'il a pu écrire, à ses projets antérieurs. On l'accusera finalement de fraude postale puisqu'il envoyait des échantillons à son collaborateur vivant dans une autre ville des États-Unis.
N'en déplaise à nos compatriotes, participants à la course de côte vers le pouvoir, qui auront tôt fait de tirer leurs marrons du feu, d'utiliser les interpellations du 11 novembre à des fins électorales, « ce [problème] n'est pas limité au territoire malheureux de notre pays. Ce [problème] est un [problème] mondial... »
On nous accuse d'entretenir des réseaux, des contacts avec d'autres groupes dans d'autres pays, politiques, activistes, artistes etc. quand un réseau bien plus important, mieux organisé, structuré, plus puissant réuni 20 de ses membres dans une ville américaine sous son plus joli logo : G. 20.
C'est un espace compliqué que le nôtre, qui par nature tente de surpasser tout commentaire. C'est un travail sérieux que de tenter d'expliquer des parcours individuels qui tentent d'INCARNER des polyphonies d'alternatives culturelles et politiques. Des individus qui tentent dans un univers qui ne s'y prête pas, quand il ne l'empêche pas, d'accorder leur vie et leur pensée. Va pour ULTRAGAUCHEANARCHOAUTONOME si c'est pour expliquer que c'est le seul espace respirable, celui de la complexité politique, de l'expérimentation et de la créativité. Expériences multiples, types d'actions multiples, tentatives de tentatives, joyeuses souvent, pour voir changer le monde. Ici, une revue ; là, des participations alternatives aux manifestations ; ailleurs encore un travail de dénonciation ; plus loin, un autre d'intervention urbaine ; un groupe de rock ; une épicerie...
Saboteurs ?
Saboteurs nous le sommes, saboteurs symboliques d'abord.
Saboteurs des pensées de reconduction du même culturel ou politique.
Expliquer ça ? Impossible, nous, le savions pour les pouvoirs (et nous ne parlons pas uniquement ici du parti au gouvernement mais de l'ensemble d'une classe politique cachant son indigence derrière le masque du réalisme statistique) ; impossible pour les grilles fermées des médias aussi, de leur nombre de signes, de leur comité de rédaction, de leur temps d'antenne et de leur pages de publicité à vendre. Impossible ! Il leur faut des repères... le plus simple ? Le chef. Il faut un chef, quitte à le fabriquer. A-t-on déjà vu des personnes vivant ou travaillant ensemble sans chef ? (Notons ici que le chef désigné est celui qui écrit, théorise. Pour une fois, contre toute attente, il semble que l'on reconnaisse à la culture et à l'intelligence un certain pouvoir. Imaginez un peu si celui qui nous gouvernait était toujours le plus intelligent ou cultivé...) Expliquer ça ? Impossible surtout quand le travail journalistique devient celui de perroquet policier. « l'ultragauche déraille » titre Libé. « Le titre est bon et apparemment justifié puisque l'accusation publique a été portée par la police, par le Ministère de l'Intérieur avec des éléments, notamment le matériel saisi à Tarnac » indique le rédacteur en chef (3) avant de montrer du bout du doigt les précautions qui avaient été prises, puis la silhouette dans l'oeil rond de sa fenêtre présidentielle semble elle même pirouetter : « c'est peut-être l'ultra gauche mais si c'est un autre groupe, l'histoire qu'on raconte ne tient plus debout ». Voilà ! « L'histoire qu'on raconte » le grand récit, le même toujours . Avant d'ouvrir sur « l'opération politique », « sans doute » qui viserai muettement à créer l'amalgame entre Besancenot et la violence politique. Même là ! Il faut des repères, assurer dès maintenant le service après vente de l'affaire au cas où par malchance elle s'effondrerait. On notera aussi ici la perduration de l'historique lâcheté de groupes politiques comme la L. C. R ou le P. C. F. Leur condamnation aveugle et mal renseignée de toute action sortant de la tradition du tract, de la manifestation, ou de l'urne. On sera aussi assourdi par le traditionnel silence des milieux culturels et artistiques pourtant si prompts à nous demander de venir faire les gentils sauvages dans leurs églises.
Saboteurs ! Saboteurs ! Sapeurs peut-être. Voilà pourquoi jusqu'à nouvel ordre et pour que l'amalgame soit clair nous porterons en logo « l'objet/preuve » de la haute technicité de la dangereuse ULTRAGAUCHEANARCHOAUTONOME, soit, un crochet en fer à béton soudé.
Incarcérez ! Incarcérez ! Et vos prisons deviendront bientôt nos plus belles universités !
Pour les interpellés du 11 novembre, nous ne souhaitons rien d'autre que ce que nous souhaitons à tous : liberté et leur adressons un salut fraternel avec une pensée particulière pour l'un d'entre eux.
Echelle inconnue
vendredi 14 novembre 2008
Affaire sncf ou l'emballage médiatique
Le 11 Novembre au matin, une dizaine de personnes sont appréhendées au sujet des incidents survenus récemment sur les lignes SNCF et placées en garde à vue dans le cadre de la lutte anti-terroriste. Les accusations de notre ministre de l'intérieur déclenchent aussitôt une fièvre spectaculaire médiatique où l'on peut lire et entendre tout et son contraire au hasard des éditions. Seul la culpabilité d'une « mouvance anarcho-autonome » fait l'unanimité. Encore une fois, les médiats se font l'écho du gouvernement, rejetant la présomption d'innocence alors que les personnes arrêtées sont encore en garde a vue.
A ce jour, aucune preuve matérielle ne vient étayer l'hypothèse policière, alors que les suspects étaient surveillés et filés depuis des mois jusqu'au soir même. Mais il faut des coupables et vite! Ces dix personnes peuvent voir leur garde à vue prolongée jusqu'à 96 heures, 4 jours, dans les conditions dont l'on se doute sous le feu roulant et continu des interrogatoires, nourris de quelques sandwichs, dormant peu, ne pouvant se laver. Le Gouvernement est dans son rôle, pointant ceux qui, par leurs écrits, leurs façons de vivre, offre un autre possible que la société marchande. Il a besoin d'un ennemi pour vivre. L'injustice, l'isolement et la peur sont ses outils pour s'en fabriquer. La Direction Centrale du Renseignement Intérieur, créée cet été, doit prouver sa pertinence et son budget en faisant du rentable et du chiffre. Il faut des boucs émissaires.
Les unes de nos journaux vont de supputations en procès d'intention avec l'assurance de la vérité, jouant une pièce pour la millième fois. Les irlandais de Vincennes ne sont pas loin pourtant... Le quatrième pouvoir ne lâche pas la bride. 10 jeunes gens désignés comme terroristes, subissent des lois d'exceptions sans une preuve, avant même une inculpation, parce que quelques trains ce sont arrêtés, comme cela arrive tout les jours avec des gamins tirant sur les sonnettes d'alarmes... Hier le GIGN sautait sur un bateau parce que des grévistes utilisaient leur outil de travail, des juges même étaient bousculés en défendant le leur... Aujourd'hui des manifestants croupissent en préventive pour avoir transportés des fumigènes et des clous tordus pour crever des pneus, des Maires même, des élus, des magistrats sont menacés s'ils n'appliquent pas le service minimum lors des grèves...
Nous ne savons pas, nous anarcho-syndicalistes, ce qu'est une « mouvance anarcho-autonome », terme facile et flou inventé par les policiers. Nous savons ce qu'est l'anarchisme ouvrier, nous savons ce qu'est l'autonomie prolétarienne. Nous nous souvenons qu'un secrétaire général de la CGT, un fondateur, a théorisé le sabotage comme outil de lutte lorsque la grève et la manifestation ne sont plus possibles. Il fait partit de l'héritage du mouvement ouvrier, comme nos mutuelles et nos syndicats. Ce sont des anarchistes qui les ont créés, afin d'être autonome devant les corporations et les dames patronnesses. Un saboteur est il un terroriste? Un train sans électricité vaut il un détournement d'avion, voir les guillotines de Robespierre? Il est vrai que les résistants de la SNCF étaient appelés terroristes. La terminologie est réservé au pouvoir. Quel que soit l'auteur de ces sabotages, quel que soit ses motifs, une loi d'exception est absurde. Nous voyons a quel point notre société policière peut facilement, avec ses fichages, ses dérogations, sa puissance reprendre notre maigre liberté et notre faible égalité.
Libération immédiate des personnes arrêtées
Abolition des lois sécuritaires LSI, LSQ et Perben
Où l'on fiche un peu plus
Temoingnage d'un prisonnier de Rouen
Relaxe pour Alexandre
Bientôt un compte-rendu et un communiqué.
Merci à tous ceux qui soutiennent le refus de fichage ici et ailleurs, d'une façon ou d'une autre.
SOLIDARITE AVEC LES CAMARADES INCARCERES
Mardi 2 septembre, plusieurs actions de solidarité avec les prisonniers ont été faites devant les prisons. A 9h, des prisonniers et prisonnières de Rouen ont pu voir une banderole « FEU AUX PRISONS » flotter dans les airs et, voir et entendre peu après des pétards et des feux d’artifice. A 21h30, c’est au tour des prisonniers de Villepinte de voir un feu d’artifice.
Le lendemain, on pouvait voir une banderole « LIBERTE POUR LES PRISONNIERS » près de la prison de Villepinte et sur l’autoroute A1 en direction du centre de rétention du Mesnil Amelot : « AU MESNIL AMELOT COMME AILLEURS, A BAS LES PRISONS ».
Ces actions de solidarité avec les prisonniers s’inscrivent dans le cadre de l’appel à actions faisant suite au rassemblement devant la prison de Fresnes le 2 juillet.
Entre autres, c’est parce qu’il y avait à cette manifestation une banderole « COMME A VINCENNES, FEU AUX PRISONS » que 4 camarades passaient en procès le 3 septembre (reporté au 14 octobre à 13h30 à la 11e chambre du Tribunal de Créteil).
Bien que le pouvoir cherche à isoler et réprimer les révoltés, de nombreux actes de rébellion persistent dehors comme dedans : que ce soit des blocages comme à la Maison d’arrêt pour femmes de Rouen en juillet (voir « solidarité avec les prisonnières en lutte de Rouen »sur indymedia Nantes), des mutineries comme à la Maison d’arrêt de Bois d’Arcy en août, des incendies des centres de rétention de Vincennes en juin, de Nantes en juillet, du Mesnil Amelot en août, et en Belgique. Ces actions sont une manière de réaffirmer que les prisons ne se réforment pas, ne se ferment pas : elles se détruisent. Se solidariser avec les mutins, c’est aussi une façon de nous lier aux luttes à l’intérieur des prisons contre la bonne marche du système carcéral, et surtout exprimer notre rage contre ce monde d’exploitation, de contrôle et d’enfermement.
Ces actions de solidarité ont eu lieu devant les prisons de Rouen et de Villepinte, pour, par delà les murs, saluer les prisonniers et nos camarades Isa, Juan, et Damien qui y sont enfermés. Ils sont en détention préventive, accusés d’avoir tenté de brûler une voiture de flics pendant la période électorale de mai 2007. Tous trois sont sous instruction anti-terroriste. (voir http://infokiosques.net/mauvaises_intentions.).
LETTRE DE JUAN DEPUIS LA PRISON DE ROUEN
C'est pour cette tentative qu'Isa, Juan et Damien sont en détention préventive, au motif que leurs ADN, pris à leur insu ou de force, auraient été retrouvés sur l'engin incendiaire.
Tous les trois sont sous le coup d'une instruction antiterroriste.
J'écris depuis la prison de Rouen, qui s'est une nouvelle fois illustrée le 10 septembre par la mort d'un détenu, victime de la folie... de l'Administration Pénitentiaire.
Ca fait maintenant quatre mois que je suis en détention provisoire pour terrorisme.
Terrorisme ! Quel outil formidable pour l'Etat ! Le terrorisme vient aujourd'hui justifier des mesures de contrôle et de fichage de plus en plus poussées au nom de notre sécurité. On ne s'étonne même plus de croiser dans les gares des militaires, mitraillettes à la main. Démocratie ou pas, la peur reste le meilleur moyen pour soumettre et gouverner.
Dans l'imaginaire collectif, le terroriste, avec le pédophile, est devenu une des figures même du mal. D'un côté il a le visage de monsieur tout le monde, ce qui en fait une menace permanente et insidieuse qui ne peut se combattre que par un contôle généralisé de plus en plus strict. Et de l'autre, il a le visage repoussant d'un monstre sanguinaire, fasciné par la violence et n'ayant plus rien d'humain ni de commun avec nous pour éviter qu'on le comprenne et que de tels actes se propagent. Apposer l'étiquette de terroriste sur quelqu'un, c'est donc le condamner au bannissement. Qui soutiendrait des barbares pareils ?
C'est une habile manoeuvre politique pour isoler et affaiblir. On fait passer des amis, des camarades de lutte pour des illuminés en décrédibilisant les moyens considérés comme violents (sabotage, bris de vitrine, etc) autant que le sens politique de leur action. Diviser pour mieux régner, rien de nouveau. On fait le tri entre la contestation « raisonnable », que l'Etat tolère, voire intègre pour se renforcer ; et celle sauvage et non autorisée, plus difficilement récupérable. On frappe fort sur quelques-uns pour que tout le monde ferme sa gueule et sache à quoi s'en tenir. Evidemment pour être efficace, ça doit servir d'exemple, on ne peut pas faire de tout le monde des terroristes.
La Mouvance Anarcho-Autonome Francilienne (MAAF), l'organisation terroriste à laquelle nous sommes supposés appartenir, rend bien compte de cette intention. Vous n'avez jamais vu de tract ou d'attentat au nom de la MAAF. Et pour cause : ce sexy sigle est une invention policière, le titre d'une catégorie de classification des RG (Renseignements Généraux). Le mot « mouvance » montre à quel point c'est flou. Il peut suffir d'un contrôle d'identité au cours d'un moment de contestation sauvage, de la fréquentation d'un lieu ou d'une personne, d'une lecture ou d'une opinion subversive. Certains thèmes aussi sont plus sensibles comme les prisons ou les sans-papiers ; RESF par exemple est qualifié de mouvement "quasi-terroriste".
Cette histoire de tentative d'incendie est loin d'être l'affaire du siècle. Et si le pouvoir, relayé par les médias, l'a gonflée au maximum, ce n'est pas que l'Etat craignait de ne pouvoir se relever de ce coup. Malheureusement, il faudra plus qu'un incendie – même réussi - pour mettre vraiment en danger le système. Si l'Etat est attentif et soucieux de ces "menaces" politiques et que cet affront devait être puni, il en a surtout profité pour faire de cette affaire un exemple, répondre à la contestation sociale, et remettre à jour quelques fichiers de renseignements et bases de données policières.
Nous nions tous les trois notre implication dans cette tentative d'incendie. Mais en vérité c'est un détail.
D'abord parce que face à la supposée irréfutabilité de la preuve par l'ADN des scientifiques, il est difficile d'expliquer la présence de poils qu'on a pu éventuellement semer, si tant est que ce soient les nôtres !
Ensuite parce que la Justice donne peu d'importance à ce qu'on a à dire. Elle n'a pas besoin de toi pour te juger. Qu'importe ce que tu as réellement fait. Si tu as le profil, et il peut suffir d'une garde-à-vue, de la participation à une manif ou d'opinions affichées, ça suffit à être condamné. Tout le reste est du théâtre.
En ce sens, la Justice ne s'est sans doute pas trompée. Je crois bien avoir le profil recherché. Non pas celui d'un fanatique qui veut semer la terreur dans la population pour arriver à ses fins – c'est plutôt l'apanage des gouvernements, qu'ils soient despotiques ou démocratiques -, mais plutôt celui d'un révolté parmi les autres.
Dans ce monde régi par le fric où la plupart des gens crèvent de faim pour soutenir le rythme de vie des riches ; où le seul horizon pour beaucoup est un travail de merde qu'on est réduit à pleurer au moment de perdre ; où l'ennui et la dépression sont la norme ; où ceux qui n'ont pas de papiers doivent raser les murs ; où la nature devient un luxe pour touristes ; où notre pouvoir sur nos vies se limite au choix de la chaîne télé, du bouffon qui nous gouverne, et de la marque de lessive ; où la police te rappelle à chaque instant de fermer ta gueule ; et où la prison t'accueille si tu déroges à la règle.
Dans ce monde moisi, il serait malvenu de pleurer la carcasse cramoisie d'une voiture de flics. Nous n'avons que trop de raisons de nous révolter.
Ce n'est pas la répression qui nous les enlèvera.
En taule comme dans la rue, que la lutte continue avec rage et joie !
mardi 29 juillet 2008
Communiqué de RefusADN Rouen
Le totalitarisme n'est pas une dérive du contrôle social mais bien son essence
Le 1er octobre tombera un nouveau verdict, une nouvelle sanction. Même une relaxe sanctionne. Elle dit « c'est bon, vous êtes libre d'aller, l'État ne vous réclame rien — pour cette fois ». Mais après la relaxe peut venir l'appel du parquet, comme ce fut le cas l'été dernier. Et quand bien même il n'y aurait « qu'un » procès, tout cela c'est du temps et de l'argent, de l'énergie, de la force, que l'État et sa Justice te pompent, exigent que tu leur sacrifies.
Heureusement il y a la lutte, la chance de briser l'isolement, de pouvoir s'organiser pour ne pas rester seul face à la machine judiciaire. De recevoir des pétitions, que de parfaits inconnus, ou des gens que l'on connaît peu, ont fait signer à leurs parents, leurs amis, à un concert, une soirée. D'organiser des débats, des projections, des concerts de solidarité. De rencontrer des collectifs qui luttent et travaillent depuis quelque temps sur ce qui t'arrive, et qui en a frappé d'autres avant toi. Le « refus de prélèvement biologique » s'inscrit dans une lutte plus large contre la biométrie et le contrôle social. Une chance : cette lutte est à l’évidence plus facilement compréhensible que celles contre la prison, les centres de rétentions, contre le salariat, ou l'État. Bien souvent ceux qui luttent contre tout cela se retrouvent plus isolés que jamais. Mais il faut se dire qu'il existe dans ce monde des amis, des camarades de lutte, qui toujours prendront parti à nos côtés. La solidarité, dans cette société policée où tout acte militant, tout acte politique, tend à être criminalisé, est plus que jamais une arme. Heureusement qu'il y a la lutte.
Depuis quelques années, après Octobre et ses émeutes des banlieues, le CPE et son conflit qui se généralisait, les élections et leurs « manifs anti-Sarko », le mouvement contre la LRU et sa solidarité avec les cheminots, le pouvoir cherche à écraser la révolte. Et demain les nouvelles luttes n'échapperont pas au rouleau compresseur de la justice d'État, à la mise à l'amende judiciaire et financière. Tous ceux qui ne veulent pas être mis au travail, à l’heure où il est évident que le monde du travail et la société de la « croissance » courent à notre perte, doivent s'attendre à être la cible du contrôle social. RG, fichage ADN, depuis peu le système EDVIGE, autant de ressources dont dispose la police pour l’exercice de ce contrôle. Pas besoin d'une dictature pour que les citoyens soient fichés, espionnés et suspectés à loisir, les démocraties occidentales font ça très bien.
On peut dire en un sens que les « moyens » de contrôle sont également une fin en soi. La biométrie, par exemple, est un nouvel outil de domination, composé de tout un ensemble de technologies de pointe et de dispositifs individualisants : portiques, bornes, scans, etc., sans compter les téléphones portables, GPS, et autres puces RFID qui permettent un suivi précis de tous nos déplacements, de toutes nos activités. Mais la biométrie, dans le même temps, porte en elle le projet d’une société dans laquelle le vivant sera parfaitement objectivé, mesurable, chosifié : si la vie n'est pas encore tout à fait devenue une marchandise, elle n'en est pas moins d’ores et déjà considérée comme une donnée quantifiable, à laquelle on peut appliquer diverses règles de comparaison. L'identitifiabilité totale, chère au pouvoir, est réalisée par la biométrie en même temps que l'équivalence universelle, nécessaire au marché. Et cela n'a rien d'étonnant, au vu de l'étroite collusion entre les puissances étatiques et les marchés financiers. On imagine assez bien comment des compagnies privées, d’assurances par exemple, peuvent utiliser des fichiers biométriques établis en première instance par la police.
Refuser le fichage, ce n'est pas seulement vouloir éviter la sanction pour une éventuelle infraction. C'est surtout refuser la logique du contrôle, qui veut nous tenir constamment dans son collimateur, en citoyen, soumis et docile. Si le champ de la « criminalité » et de la « délinquance » ne cesse de s'étendre pour recouvrir un spectre de plus en plus large d'activités, il nous faut trouver des moyens, des actes et des énoncés permettant de lutter ensemble contre le contrôle social. Résister à la biométrie, c’est lutter contre le fichage et sa généralisation. C’est, pour cela, réfléchir aux liens qu’entretient le pouvoir avec le contrôle social, public ou privé, et à ceux que nous pouvons créer, pour nous soustraire à l’un comme à l’autre, tant il est clair que notre vie quotidienne leur échappe de moins en moins. C’est résister à l'avancée de la domination dans nos vies, dans nos rues, dans nos têtes. C’est donc penser le politique, non pas sous l’angle de la résignation et de l’attachement aux mesquines « libertés individuelles », mais dans la perspective de réaliser collectivement les conditions de notre liberté effective. Et pour cela, tisser des solidarités. Des caisses de soutien pendant les grèves, anti-répression dans les mouvements, des moments pour se rencontrer, discuter, et découvrir des amitiés qui nous permettent de tenir. De faire face, pour ne pas reculer. Ce n'est qu'ensemble que nous avancerons.
Nous appelons donc tous les collectifs, formels et informels, s'intéressant à la question du contrôle social au sens large, à multiplier les projections, débats, réunions publiques, sur des thèmes comme la biométrie, la vidéosurveillance, les puces RFID (identification par fréquence radio, dont sera équipée INES, la future carte d'identité française), les nanotechnologies et leurs applications. Il est important que de réflexions collectives naissent et s'articulent des idées et des pratiques, qui nous permettent d'en finir avec le mythe de l'insécurité, et de sa prétendue résolution par le pouvoir, à travers une gestion toujours plus intrusive de nos faits et gestes.
refusadnrouen@no-log.org
refusadnrouen.over-blog.fr
quelques brochures et dossiers: http://infokiosques.net/sciences
contactez-nous pour une liste de lecture plus exhaustive.
dimanche 20 juillet 2008
SOUTENONS ALEXANDRE
Alexandre avait refusé le fichage génétique, et s'était donc retrouvé au tribunal ... (et après ça la justice va se plaindre d'être surchargée ...)
Lors de son procès, en juin 2007, il avait été relaxé, le tribunal considérant que le dossier n'établissait aucune raison valable d'exiger un tel prélèvement sur sa personne.
(pour rappel : http://cnt-ait.info/article.php3?id_article=1417)
La mobilisation de soutien a certainement joué, si ce n'est pour ce jugement-ci, au moins pour révéler les enjeux politiques d'une expansion toujours plus délirante du contrôle social.
Bien entendu, l'Etat et sa police étant infaillibles comme le Pape, le parquet a fait appel de cette décision de bon sens, et Alexandre passera donc de nouveau en procès le 23 juillet prochain.
les compagnons de la CNT AIT de Rouen invitent ceux qui le peuvent à se rendre au tribunal pour démontrer que la solidarité avec Alexandre ne faiblit pas.
De plus, pour eux qui ne pourraient s'y rendre, il circule actuellement une pétition de soutien pour ce procès. Une version en ligne est consultable et "signable" à :
http://www.petitiononline.com/RefusADN/petition.html
On peut aussi envoyer le format .pdf de la pétition à ceux qui en feraient la demande.
Merci de relayer cette info: la solidarité est plus que jamais, une arme.
cnt.ait.rouen@no-log.org
samedi 7 juin 2008
SOLIDARITE AUX EMEUTIERS DE MARRAKECH
Le 25 Mai à Marrakech, une manifestation en réponse à ses violence a connue une attaque brutale, sans proportion avec les capacités de défenses des étudiants, faisant un mort et reproduisant le cycle d'arrestations et de tortures tristement commun. Plus d'une quinzaine de résistants sont sur le point d'être jugés, sous des chefs d'inculpations frauduleux, laissant le risque de nombreuses années de prison.
La CNT-AIT de Rouen apporte son soutien à ces inculpés politiques et appellent à polluer les boites de courriers et courriels, les répondeurs téléphoniques des organismes d'état coupables en reprenant les revendications de l'assemblée générale des étudiants de Marrakech et en les informant de votre volonté de boycotter l'industrie touristique Marocaine jusqu'à la libération des prisonniers.
Université Caddi Ayyad - Faculté des Lettres et des Sciences Humaines - Marrakech
B.P 2410 Quartier Amerchich Marrakech
Tél : (+212) 24.30.27.42 / 24.30.19.62 ; Fax : (+212) 24.30.20.39
e-mail : flmar@flm.ucam.ac.ma
Cour d'appel Marrakech
Adresse : Quartier Gueliz
Téléphone : 04-444-72-93 ; Fax : 04-444-72-95
Academie Régionale d’Education Marrakech-Tansift-Haouz
rue Abi Oubaida , Daoudiat
MARRAKECH
Tél. 1 : 024 30 24 33
Tél. 2 : 024 30 15 98
Tél. 3 : 024 30 24 93
Fax : 024 30 19 69
E-mail : directeur.arefmth@menara.ma
Sureté Nationale (7ardt)
av. Palestine , hay Mouhamadie Daoudiate
MARRAKECH
Tél. : 024 30 40 54
Wilaya Marrakech-Tensift-AlHaouz (Préfecture)
av 11 Janvier , Daoudiate
MARRAKECH
Tél. 1 : 024 33 27 39
Tél. 2 : 024 33 27 40
Tél. 3 : 024 33 27 42
Tél. 4 : 024 30 84 31
Tél. 5 : 024 30 84 32
Fax : 024 30 89 34
Ambassade du Maroc en France
Adresse : 5, rue Le Tasse, 75016 Paris
Téléphone : (0033) - 01 45 20 69 35
Fax : (0033) - 01 45 20 22 58
Email : info@amb-maroc.fr
Ministère de la justice : http://www.justice.gov.ma
Ministère de l'Education Nationale, de l'Enseignement Supérieur, de la Formation des cadres et de la recherche scientifique- Rabat :
http://www.men.gov.ma ; http://www.dfc.gov.ma
Tél. : 037 77 18 22/037 68 72 63 ; Fax. : 037 20 13 85
Courriel: divcom@men.gov.ma
jeudi 24 avril 2008
PROJECTION-DEBAT SUR LA BIOMETRIE
Inutile d'invoquer Big Brother, ceci n'est pas de la science-fiction :
Installation de bornes de contrôle biométrique (reconnaissance de la forme de la paume, par exemple) dans les écoles primaires, les collèges et les lycées, Systématisation de la surveillance vidéo, couplée à des logiciels de reconnaissance sophistiqués, de l'espace dit public, la rue, les transports en commun, Extension du champ d'application de la procédure de prélèvement biologique (ADN) lors des garde-à-vue ou des enquêtes de police, Augmentation exponentielle des connaissances scientifiques dans le domaine du génie génétique, Application de ces connaissances à la "prévention de la délinquance" dès la maternelle... Plus que de simples innovations technologiques, tout ceci participe d'un véritable projet de société. On peut s'en indigner ou l'accueillir avec enthousiasme. Certains ont déjà commencé à se battre, à lutter contre les avancées du contrôle social, et contre l'application des biotechnologies à ses fins. Pourtant la riposte ne semble pas suffisante.
Récemment à Rouen des bornes biométriques ont été retirées d'un collège où elles devaient "faciliter l'accès à la cantine". Un manifestant est toujours en procès (en appel le 23 juillet après avoir été relaxé en juin dernier) pour refus de prélèvement biologique (ADN). Ailleurs on ne compte plus les procédures de fichage et les procès, sans compter les luttes aux frontières !
La lutte s'organise, retrouvons-nous.
refusadnrouen@no-log.org
mercredi 30 avril à 16h, projection dans l'amphi 350 de la fac de médecine (en centre-ville, près du CHU) du film documentaire "Pistés par nos gènes" (2007)
mercredi 12 décembre 2007
SOLIDARITE!
Un mois plus tard, Sébastien était arrêté lors de l’évacuation de la Sorbonne et passait une journée en garde à vue. Quelques jours plus tard, il était arrêté devant la Sorbonne, puis libéré quelques heures après. La semaine suivante, il était à nouveau arrêté lors de l’évacuation de l’EHESS : deux jours en garde à vue, puis deux jours enfermés au palais de justice et à la prison de Fleury-Mérogis. Et puis, Sébastien s’est fait viré de la Sorbonne. Il s’est retrouvé non-inscrit
pendant un an avant de se réfugier à Paris 8. Finalement, Sébastien s’en est bien tiré : d’autres, qui n’avaient personne pour les défendre, ont fait un an de prison.
OU ON VEUT, QUAND ON VEUT
Fin Novembre, sans attendre les arrêts
de jeu des syndicats-flics ou de
l'administration, les bloqueurs de la fac de Rouen
prennent leurs affaires en mains...
des AG où 1000 personnes lèvent la main pour voter une action à laquelle seulement 50 personnes particperont, des AG où il suffit d'être prof pour se faire applaudir, où il suffit de dire la vérité pour se faire huer. Mais surtout des AG où l'on s'ennuie, parce qu'à moins d'être passionnément bureaucrate, nous ne voyons pas trop ce qu'on pourrait faire d'autre que s'ennuyer.
Tout était gratuit et en abondance. IL y a eu des corps, et qui se sont touchés, heurtés, qui se sont fait du mal et du bien .
guerre contre ce monde.
la france.
Texte issu des occupants de l'amphi Axelrad
samedi 24 novembre 2007
ON AIMERAIT FAIRE GREVE
On aimerait faire grève, mais ce n’est pas toujours possible. Nous sommes les travailleurs, les chômeurs, hommes, femmes, jeunes, plus âgés, exploités, nous sommes parmi les 5 millions de travailleurs non qualifiés, aux salaires minimum, pour certains enchaînant les cdd, les vacations, alternés par des périodes de chômage. Nous sommes les millions de travailleurs plus qualifiés dont le salaire suffit à peine à vivre. Alors on aimerait faire grève, parfois on peut mais c’est difficile, le code du travail n’est pas fait pour nous, les patrons, leur DRH, leurs cadres et managers ont toutes les facilités pour nous licencier. Ils nous tiennent par le salaire, la peur !
Parfois on se bat, on se regroupe, et collectivement, tous ensemble on limite la casse !
On aimerait faire grève, d’autant plus que nous faisons tourner les boites, les entreprises, on pense d’ailleurs les faire tourner pour nous, pour nos besoins, l’avenir nous le dira !
Nous savons, nous avons le Savoir, la connaissance de nos métiers, d’ailleurs leurs projets ne fonctionneraient pas sans notre savoir, ce que l’on a appris dans le boulot, on corrige leurs erreurs, on règle leurs machines, on s’adapte. On fera tourner les usines, les lieux de travail pour nous, on en fermera certaines, celles qui fabriquent des choses qui nous seront inutiles, alors on aura plus de temps pour rêver, créer.
On construit aussi de superbes maisons, des apparts de standing en résidence qui ne sont pas pour nous, que l’on n’habite pas, alors on les prendra un jour quand nous serons plus forts, il y en aura pour tous car aujourd’hui plus de 3 millions d’entre nous ne sont pas ou mal logés. On aimerait faire grève pour pouvoir vieillir à l’abri du besoin, nous soigner et vieillir dignement. C’est pour bientôt.
On aimerait faire grève pour avoir tous accès à la santé, aujourd’hui on évite d’aller voir le médecin et le dentiste, c’est cher et mal remboursé, alors la sécu ce n’est pas si égalitaire que cela. On fera grève pour ensuite mettre en place la santé pour tous.
On aimerait faire grève pour casser les chefs, les mettre dehors tout en acceptant ceux et celles qui voudront construire leur vie avec nous.
On aimerait faire grève, parfois on la fait, à notre manière, on ralentit le boulot, on applique à la lettre les consignes (ce qui ralentit la cadence), on s’absente, on gueule, on sabote...on discute, on se laisse pas faire par les petits chefs, les managers, les patrons ou les collègues vendus.
On aimerait faire grève pour accueillir ceux et celles qui viennent d’ailleurs, d’autres endroits sur terre. Eux aussi ils nous rejoindront, on partagera... !
On aimerait faire grève, on fera grève même si nous sommes une minorité, on se battra et les autres nous rejoindront !
Pas besoin d’être majoritaires pour être légitimes, la démocratie n’est pas pour nous. Nous sommes pour la liberté de vivre notre vie, de l’organiser. Certaines majorité ont par le passé amenées le fascisme.
On fera grève pour ne plus être exploités, pour que notre travail profite à tous.
On fera grève pour obtenir la liberté de nous organiser comme nous le voulons, sans maître !
C’est pour maintenant !
Que ceux qui étaient en grève hier, le sont aujourd‘hui et le seront demain sache que nous sommes avec eux !
Vive la solidarité et vive la révolution sociale.
mardi 20 novembre 2007
POUR SORTIR LA TETE DE L'EAU
Les médias opposent les grévistes aux « usagers à quais « , mais qui sommes nous ? Des employés ou étudiants futurs employés, lycéens, chômeurs, rmistes, ouvriers, ect, bien obligés de s'entasser par millions dans les transports tous les jours. Nos conditions de vie et de travail se dégradent tout autant mais nous ne sommes pas en grève parce que pour une grande partie d'entre nous, alternant périodes de chômage, d'interim ou de contrats temporaires, ce mode d'action n'est envisageable, ou synonyme de licenciement. Ou simplement parce que la réforme remise en cause ne nous concerne pas, et que nous n'avons rien à gagner à la fac publique ou aux régimes spéciaux. Mais nous sommes bien tous concernés par le panel de réformes que le gouvernement propose:
-service minimum dans le secteur des transports
-suppression de 27000 postes de fonctionnaires
-chasse aux sans-papiers
-privatisation rampante des universités
-attaques contre le salaire indirect (allocation chômage, RMI, franchise médicale)
-volonté de supprimer le CDI
Des gréves, des révoltes éclatent ici et là mais d'années en années nos conquètes sociales se font la malle et nos conditions de vie se dégradent. Pour autant, il n'y a aucune raison d'être nostalgique de l'époque du plein emploi et de l'état providence. Parce que peu importe les textes de loi, ce sont les formes d'exploitations qui changent, qu'elles s'améliorent ou se dégradent, nous restons une main d'oeuvre flexible au service de l'Exploiteur. Et quand l'état recule c'est pour calmer la révolte d'un mouvement qui dépasse ses revendications, ses mots d'ordres (36, 68, 95, cpe...). Nous réclamons 37,5 années de travail pour tous, mais c'est déjà passer la majeure partie de nos vies à bosser avant d'être relégués et qu'on nous verse à peine de quoi être apte à survivre jusqu'à ce que l'on crève.
Organisons nous. Pour que ces grèves ne soient pas celles contre les régimes spéciaux, des étudiants ou des employés d'air france isolés mais deviennent un mouvement social offensif. Pour en finir avec le corporatisme des grèves actuelles qui nous font exister par catégories isolées alors que c'est notre classe sociale qui est toujours la cible.
Assemblée des piquets volants
Syndique toi ou pas, mais organise toi!
La Smala à Rouen
urbanismes combattants ou Politique/polis.
Ou acte II scène 1, la smala entendue comme une manifestation devenue ville
Echelle Inconnue vous invite à la présentation d'un travail réalisé avec les
étudiants grévistes de l'Université Populaire Paloise Autogérée.
En 2006, poursuivant un travail d'interrogation de Smala, capitale mobile de
l'Algérie précoloniale, sur les pas de son architecte, Abd el Kader, Stany Cambot
s'installe à l'université de Pau et des Pays de l'Adour. Il trouve l'université
occupée par les étudiants en grève contre le projet de loi CPE. C'est dans
l'occupation, avec ses étudiants eux-mêmes qu'il travaillera autour d'un texte de
Kateb Yacine à une possible actualité de la Smala soit, la Smala comme une
manifestation devenue ville.
De ce travail, 13 cartes, plans de manifestation ou re-présentations possibles de la
Smala par les grévistes, des tentatives de dialogue épistolaire avec les
Renseignements Généraux pour les faire exister, une bibliothèque numérique, des
tracts...
Exposition réalisée par Stany Cambot, Stéphanie Fernandez Recàtalà & Pierre Commenge
dans les locaux d'Echelle Inconnue,
76000 ROUEN
vendredi 2 novembre 2007
APPEL DE ROUEN Grève, occupation, bloquage. Nous avons commencé...
Jeudi 25 octobre 2007 à Rouen une Assemblé Générale a déclaré la grève, l'occupation et le blocage de l'Université. Cette décision fut reprise lundi 29 pour une semaine au moins. Nous sommes la génération qui s'est battu dans la rue ces dernières années, ces derniers mois. Depuis plusieurs jours, nous avons observé la mobilisation des autres villes. Il nous a semblé que chacun, là où il était, attendait un signal, une étincelle, pour que tout commence. Nous n'avons plus de raison d'attendre.
Des cheminots nous retenons la force de paralysie, la capacité à dérègler les gestes tellement huilés du quotidien. Du CPE nous gardons la force d'initiative et la possibilité de vaincre dans l'affrontement. Si ce mouvement nait du prétexte de la loi sur l'autonomie des universités, il s'inscrit plus généralement dans une offensive à l'encontre du pouvoir en place. La France d'après, nous y sommes et rien ne nous la fera aimer. Ce à quoi nous sommes confrontés n'est pas un simple durcissement des institutions mais la constitution d'une force politique prête à tout pour éliminer ceux qui ne filent pas droit, ceux qui ne partagent pas leur désir d'un monde parfaitement policé où les cadres aux dents colgate roulent en velib' au milieu des rafles de sans papiers. Il n'y aura pas de trève. C'est une vérité de l'époque que nous devons assumer.
Les cheminots, la loi sur l'ADN, les profs, les fonctionnaires, tous ces fronts qui s'ouvrent appellent le meilleur de notre intelligence, une pensée stratégique maximale. Nous faisons le pari que ce moment est opportun pour nous retrouver, pour retourner dans la rue, pour prendre le pavé et nous jeter dans la lutte. Notre mouvement sait qu'il n'est pas isolable, qu'il rentre en résonnance avec tous ceux qui ont pris la décision de lutter là où ils sont, à leur manière et de toute leur détermination. Nous savons que le préalable à tout mouvement est une suspension du cours normal des choses. D'où la grève. Nous avons besoin de temps et de lieux pour nous retrouver, nous organiser et penser ensemble. D'où l'occupation. Nous pensons que ce monde se tient par la circulation ininterrompue d'argent, de travail, et d'information et que pour l'entamer il nous faut enrayer cette machine. D'où le blocage.
Nous appelons ceux qui nous entendent à nous rejoindre, à s'organiser là où ils sont. Le travail est à déserter, les lieux sont à occuper, les flux sont à bloquer.
Comité d'occupation de l'Université de Rouen
samedi 6 octobre 2007
PROJECTION/DEBAT
Resistance et organisation collectives:
l'exemple des mouvements argentins
BÙSQUEDA PIQUETERA
Film de Jeanne GAGGINI et David PLANQUE
en présence des réalisateurs et d'un compagnon argentin
samedi 20 octobre 14H
Halle aux Toiles de Rouen
BÙSQUEDA PIQUETERA
Documentaire autoproduit de Jeanne GAGGINI et David PLANQUE
Les manifestations, émeutes et pillages de décembre 2001 ont révélé à la scène internationale la grave crise économique que traverse l’Argentine.
Cependant dès le milieu des années 90, les licenciements massifs ont poussé les plus pauvres à s’organiser collectivement pour faire face à la
misère. En dehors des structures syndicales ou politiques, apparaissent des mouvements de chômeurs et les premiers « piquetes » blocages de routes. À travers cette nouvelle pratique se développe une forme d’organisation basée sur l’horizontalité et une recherche constante d’autonomie face aux institutions.
Tourné en 2003, Bùsqueda Piquetera donne la parole aux piqueteros du MTD Solano (Movimiento de trabajadores desocupado).
La cnt-ait de Rouen vous convie à débattre autour de ces mouvements quand la situation, ici et maintenant, appelle à l'organisation. Le débat aura lieu en présence des réalisateurs et d'un compagnon militant à la fora (federation obrera regional argentina) lors de ces événements.
cnt.ait.rouen@no-log.org
COMMENT NOUS CONTACTER ? (Changement)
Vous pouvez dorénavant nous joindre à cnt.ait.rouen@no-log.org
A bientôt donc!