mercredi 19 novembre 2008

Nous sommes tous des terroristes

Depuis le 11 Novembre, notre ministre de l'intérieur et l'autorité judiciaire entretiennent savamment la fièvre médiatique autour du nouvel ennemi intérieur. Après l'immigration des travailleurs clandestins sapant l'économie, les réseaux de barbus infiltrés prés a répandre le sang, la racaille des cités populaires incendiant nos villes, les casseurs violents contre le CPE, le danger s'appelle « mouvance anarcho-autonome ». Sans preuves et sans procès, les coupables sont là. L'Etat, la justice et la presse piétinent allégrement la présomption d'innocence, heureux que la jeune Direction Centrale du Renseignement Intérieure leur offre si tôt de si beaux bouc-émissaires. La France peut avoir peur. Redite des Irlandais de Vincennes? Nous laissons aux prévenus et leurs avocats prouver leur innocence. 

La France a peur, oui. 9 jeunes gens subissent des lois d'exceptions, sont accusés de terrorisme. Parce qu'ils lisent. Parce qu'ils écrivent. Parce qu'ils communisent leurs revenus et leurs biens. Parce qu'ils cultivent un potager bio. Parce qu'ils préfèrent faire eux mêmes ce dont ils ont besoin. Parce qu'ils refusent l'individualisme sclérosant et déprimant en vivant en communauté. Parce qu'ils manifestent. Le GIGN saute sur un bateau parce que des grévistes utilisent leur outil de travail, des faucheurs d'OGM sont emprisonnés, des manifestants aussi pour avoir transportés des fumigènes et des clous tordus crevant des pneus. La France peut avoir peur, celle des révoltés et insoumis, celle aussi des blogueurs et forumeurs, des bibliophiles et des tricoteurs, des colocataires et pire, celle des bricoleurs et jardiniers. Nous sommes tous des terroristes. 

Des gamins tous les jours arrêtent les trains en tirant sur les sonnettes d'alarme. Saboteurs! Terroristes? Nous ne savons pas, nous anarcho-syndicalistes, ce qu'est une « mouvance anarcho-autonome », terme facile et flou inventé par les policiers. Nous savons ce qu'est l'anarchisme ouvrier, nous savons ce qu'est l'autonomie prolétarienne. Nous nous souvenons qu'un secrétaire général de la CGT, un fondateur, a théorisé le sabotage comme outil de lutte lorsque la grève et la manifestation ne sont plus possibles. Il fait partit de l'héritage du mouvement ouvrier, comme nos mutuelles et nos syndicats. Ce n'est pas du terrorisme. C'est de la résistance. Nous sommes loin de la lutte armée. Quel que soit l'auteur de ces sabotages, quel que soit ses motifs, une loi d'exception est absurde. Nous voyons a quel point notre société policière peut facilement, avec ses fichages, ses dérogations, sa puissance reprendre notre maigre liberté et notre faible égalité et détruire nos espaces de lutte. Comment il peut nous entôler si nous sortons de la norme et cherchons d'autres possibles. 


Contre la repression du mouvement social 
Rassemblement devant le Palais de Justice Samedi 22 Novembre 14H 

1 commentaire:

Pedro a dit…

continue a ecrir moi je te lis